La Nouvelle-Aquitaine est la première région française de tournesol avec 209 200 hectares cultivés, soit 36 % de la surface nationale. Elle produit en moyenne 524 000 tonnes par an et affiche un rendement de 23 q/ha sur la période 2001-2017.
Mais face aux sécheresses estivales récurrentes, la filière adapte ses pratiques et son choix variétal pour préserver sa compétitivité.
La Nouvelle-Aquitaine, première région française de tournesol
La domination de la Nouvelle-Aquitaine dans la production nationale de tournesol tient à un alignement de facteurs climatiques et agronomiques favorables, que nulle autre région ne réunit à cette échelle.
En 2017, les données officielles publiées par la DRAAF Nouvelle-Aquitaine et Agreste établissent :
- 209 200 hectares cultivés, représentant 36 % de la surface nationale
- 14 615 exploitations productrices dans la région, en baisse de 9 % depuis 2010
- 594 000 tonnes produites en 2017, grâce à un rendement exceptionnel de 28 q/ha
- Valeur de production estimée à 180 millions d’euros en 2017
La région devance l’Occitanie (207 500 ha en 2017) et représente à elle seule plus d’un tiers du tournesol français. Cette concentration tient au mésoclimat des plaines atlantiques : printemps doux, étés chauds et ensoleillés, sols favorables à l’enracinement profond du pivot.
Géographie de la culture : deux bassins de production bien distincts
La surface régionale se répartit en deux zones géographiques aux profils différents (DRAAF Nouvelle-Aquitaine, 2019) :
Zone nord-ouest (64 % des surfaces) : Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne. Ces quatre départements regroupent les exploitations les plus spécialisées. La Vienne affiche des parcelles supérieures à 20 ha dans 40 % des cas. Ce bassin concentre les systèmes grandes cultures les plus intensifs de la région.
Zone sud-est (24 % des surfaces) : Lot-et-Garonne et Dordogne, avec des systèmes plus diversifiés en polyculture-élevage, où le tournesol joue un rôle d’assolement structurant.
La surface moyenne cultivée par exploitation varie de 1,5 ha en Corrèze à 16 ha dans la Vienne, traduisant des logiques économiques très différentes selon les territoires. Depuis 2010, la tendance est à la concentration : les exploitations de moins de 10 ha en tournesol représentent encore 42 % des producteurs, mais seulement 9 % des surfaces.
Les avantages agronomiques du tournesol dans les rotations du Sud-Ouest
| Bénéfice agronomique | Impact mesuré | Source |
| Effet précédent sur le blé | +15 % de rendement blé suivant | Terres Inovia / Terres Univia |
| Gestion des adventices | Lutte efficace contre certaines graminées difficiles | DRAAF Nouvelle-Aquitaine |
| Besoins en azote | Faibles, pivot profond jusqu’à 1,5-2 m | Terres Inovia |
| Étalement du travail | Récolte en septembre, hors pic automnal | Terres Inovia |
| Valorisation des sols argileux | Enracinement profond, exploitation optimale eau et azote | Terres Inovia |
La succession tournesol-blé est particulièrement appréciée des exploitants du Sud-Ouest. Elle améliore le rendement du blé suivant d’environ 15 % par rapport à une rotation blé-blé, grâce à la rupture du cycle des maladies des céréales et à l’effet structurant du pivot sur le profil de sol. Ce service agronomique représente une valorisation économique réelle qui dépasse la seule production de graines de tournesol.
Trente ans d’évolutions contrastées : de la chute au rebond
Entre 1990 et 2007, les surfaces régionales ont chuté de 54 %, victimes de la politique agricole commune (PAC) moins incitative et de la concurrence du colza. À partir de 2007, la suppression des jachères obligatoires et des prix plus favorables ont permis un rebond progressif.
Les récoltes les plus remarquables sur la période récente :
- 2009 : 607 000 tonnes sur 244 000 ha, rendement de 25 q/ha, meilleure récolte de la période
- 2015-2016 : récoltes faibles (450 000 puis 400 000 t), à cause de rendements déprimés par la sécheresse
- 2017 : 594 000 tonnes sur 209 000 ha, rendement record de 28 q/ha
Depuis 2010, la tendance est à la concentration des surfaces dans les plus grandes exploitations. Le prix du tournesol reste corrélé à celui du colza : les deux courbes évoluent quasi parallèlement selon FranceAgriMer.
Pour accéder à un large choix de semences de tournesol, en variétés oléiques ou classiques, en conventionnel ou en biologique, les exploitants du Sud-Ouest peuvent comparer et commander directement depuis leur exploitation.
Le tournesol face au changement climatique en 2026
La floraison est la phase la plus vulnérable du tournesol au stress hydrique. Un déficit en eau pendant cette période peut provoquer une chute de 3 à 5 q/ha et réduire la teneur en huile des graines sous le seuil de collecte de 44 %. Les sécheresses estivales de juillet-août se multiplient dans le Sud-Ouest depuis 2019.
Les adaptations recommandées pour 2026 :
- Choisir des variétés à floraison précoce ou intermédiaire pour décaler la floraison hors des pics de chaleur de juillet et août
- Ajuster la date de semis : semer début mai plutôt que mi-avril recule la floraison de 8 à 10 jours sans pénaliser significativement le rendement
- Surveiller l’état hydrique du sol entre 60 et 90 cm de profondeur pendant la floraison
- Éviter les parcelles à sol superficiel de moins de 60 cm en zones à risque de sécheresse estivale confirmée
Ces adaptations sont accessibles sans investissement matériel supplémentaire. Elles constituent le premier levier de gestion du risque climatique pour les exploitants de Nouvelle-Aquitaine.
Le tournesol biologique : la Nouvelle-Aquitaine au 2ème rang national
La Nouvelle-Aquitaine est la deuxième région française en tournesol biologique, derrière l’Occitanie. En 2017, 6 500 hectares de tournesol bio étaient conduits par 540 exploitations. Le tournesol bio représente environ 3 % de la surface régionale totale de tournesol, mais 50 % de la surface régionale d’oléagineux biologiques.
L’intérêt du tournesol en bio tient à ses caractéristiques agronomiques propres : sa hauteur à maturité limite la pression des adventices, son faible besoin en azote s’adapte bien aux systèmes sans intrants de synthèse, et son cycle de printemps offre une flexibilité de rotation appréciable dans les systèmes bio.
Les normes de qualité à la collecte restent identiques en bio et en conventionnel : teneur en huile minimum de 44 %, humidité inférieure à 9 % et impuretés inférieures à 2 %.
Sources
- DRAAF Nouvelle-Aquitaine — Filière tournesol en Nouvelle-Aquitaine, données 2017 (2019) : https://draaf.nouvelle-aquitaine.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/zoom-tournesol_vdef_cle8c1618.pdf
- Terres Inovia — Techniques culturales colza et oléagineux 2025 : https://www.terresinovia.fr/fr/actualites/colza-2025-2026-boostez-vos-chances-de-reussite-des-limplantation
- FranceAgriMer — Filières céréales et oléagineux, données annuelles : https://www.franceagrimer.fr/chiffre-et-analyses-economiques/fiche-filiere-ble-tendre
